février 24, 2009...8:12

Parti Socialiste Unifié : الحزب الاشتراكي الموحد

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Bon, je reconnais que la présentation du parti sur la vidéo -pendant les élections législatives de 2007- n’est pas forcément attirante, dans le sens où une certaine catégorie de la population, qui est la vraie force motrice du changement -en l’occurence des jeunes citadins, francophones diplômés ou sur le voie d’un bel avenir-. Pourtant, les perspectives de croissance du ‘hizbicule’ de la gauche radicale sont intéressantes.

Pourquoi donc ? parce que j’ai une sympathie pour le parti ? oui et non. Je m’efforcerai d’être honnête en tout cas, sachant que nulle présentation -surtout en politique- n’est vraiment objective.

Le Parti Socialiste unifié donc : l’histoire du pôle de la gauche radicale qui reconnait les règles du jeu pour mieux les transformer

Le Parti socialiste unifié est une structure politique assez récente au vu de l’histoire politique du pays, voire une formation ‘brand new’. Fondé en 2005 suite à la fusion de l’association politique ‘Fidélité à la Démocratie’ du Dr. Mohamed Sassi (figure originale de l’intellectuel organique marocain) et de la Gauche Socialiste Unifiée. Cette même GSU est à l’origine de la fusion de l’OADP du vieux Bensaid Aït Idder, et des groupes, en l’occurrence, les Démocrates Indépendants, le Mouvement pour la démocratie et Potentialités de Gauche. l’OADP, tout comme les autres mouvements, sont les héritiers ‘légaux’ des mouvements maoïstes et marxistes-léninistes qui ont fermenté pendant les années 1960 et 1970. Ce sont des militants qui ont initié le concept de l’extrême-gauche au Maroc.

le PSU donc, avec Annahj Addimocrati (ex-Ilal Amam), le PADS (peut être le CNI, mais le congrès a une histoire particulière), sont des partis d’extrême-gauche. D’où vient cette distinction ? à leurs discours actuels ou à leurs histoires ? au deux. L’extrême gauche au Maroc s’est d’abord créée pour répondre à l’attentisme de l’UNFP et de l’Istiqlal après 1965 (le 23 Mars 1965 bien sûr) . L’attentisme de l’UNFP était dû à la répression dont elle était victime, et pour l’Istiqlal, le parti se makhzénisait à vue d’œil. Cette même extrême gauche était divisée : entre la ‘guérilla idéologique’ (simple distribution de tracts subversifs) et la lutte armée (menée par l’aile radicale de l’UNFP en la personne du Fqih Basri), l’écart était grand, assez grand, pour garantir une riche diversité de marxistes-léninistes, d’anarchistes, de maoïstes, de communistes en rupture de ban… un vivier de jeunesse cultivée, impatiente de bouleverser le monde, dégoûtée de la misère où le pouvoir cherche à l’y maintenir. On constatera que beaucoup d’anciens gauchistes sont récupérés par le pouvoir, justement pour leur implication sincère dans leurs domaines de prédilection.

Le PSU donc, est un des héritiers de cette extrême-gauche, ou plutôt, pour reprendre l’attribut qu’il affectionne, la gauche radicale. Encore une fois, il faut se replonger dans l’histoire politique contemporaine pour comprendre le sens de ‘radical’, il faut étudier les revendications de cette gauche -extra gouvernementale, il faut le dire-.

Principes de Gauche radicale :

Ces revendications sont radicales car se situant à un niveau d’exigence autrement important que chez les autres partis du paysage politique marocain : alors que certains partis se contentent de tenir un discours renouvelé chaque rendez-vous électoral, et que d’autres tiennent des propos sans grand rapport avec la réalité marocaine, la gauche radicale marocaine milite et revendique une transformation en profondeur des institutions politiques du pays, dans le sens d’une démocratisation de la vie politique marocaine, une libération et une libéralisation des divers secteurs constituant la société. En un sens, un libéral économique de pur jus -démantèlement de certains monopoles publics, gestion harmonieuse des dépenses étatiques, contrôle des pratiques concurrentielles- a plus de points communs avec la gauche radicale au Maroc qu’avec les partis de droite, même les plus libéraux, ou en tout cas, ceux qui se proclament comme tels. Le principe de transparence globale, y compris et surtout dans la sphère économique, permet un fonctionnement correct des institutions pour le bien collectif.

La libéralisation concerne aussi les moeurs : contrairement aux allégations conservatrices, la libération des moeurs n’est pas inscrite dans la matrice des valeurs occidentales, c’est l’aboutissement, ou tout au moins une étape du processus de progrès, qui lui, est une notion universelle et universaliste, une idée qui a été combattue -et l’est par certains aspect encore- par ceux-là même qui représentent un aspect non négligeable de “l’identité” occidentale. Ensuite, cette liberté, la gauche radicale n’entend pas l’imposer d’une coup, brutalement, à la société marocaine. La liberté ne se décrète pas non plus, c’est l’aboutissement d’une long processus d’apprentissage et d’éducation. Cet apprentissage des valeurs de citoyenneté et de liberté, le PSU/RGD à gauche, mais aussi les autres forces du spectre politique marocain qui se convertiront aux pratiques de gestion transparente de leurs affaires intérieure, ces forces politiques permettront de créer un climat de discussion et de débat, le coeur même d’une démocratie authentique. La libération des moeurs donc, s’obtient par le militantisme, par un travail de tous les jour, par un véritable ‘apprentissage de la citoyenneté’.

Démocratie enfin, car le PSU est le seul parti politique Maroc -que dis-je, de la région- à avoir un fonctionnement intégralement démocratique : le seul parti à légaliser l’existence des courants, à faire d’eux les organes de fonctionnement du parti. Le seul à publier toute les délibérations du conseil national, et enfin, le seul à publier le contenu de toute rencontre ‘officieuse’ avec les autorités. Vu comme ça, le PSU semble irréprochable.

Notre faiblesse ? la taille du parti, un petit poucet, une équipe marginale (pour reprendre l’expression de ce cher Fhamator) qui ne pèse finalement que très peu sur l’échiquier marocain. des dissensions trop récurrentes : apprendre la démocratie, la vivre et l’appliquer, c’est aussi buter sur des difficultés, des incompréhensions qui coûtent,mais qui sont riches d’enseignements. Ces points faibles, nous voulons en faire des points forts, et en un mot, sortir du rôle de séminariste de la gauche (Sehimi) pour servir de plate-forme à un mouvement de changement au teint de socialisme démocratique.

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